17 - Invitation

Les Rencontres d’Art en Quercy, et Danielle Chevalier, artiste exposée, vous prient d’honorer de votre présence le vernissage de l’exposition ” Créateurs Contemporains en Midi Pyrénées” qui aura lieu à Montauban, au Musée Ingres, le vendredi 9 Avril à 18 heures.
L’exposition sera ouverte du 9 Avril au 13 Juin. 

 

“Pour leur quarantième édition, les Rencontres d’Art entreprennent un cycle de présentation d’artistes contemporains originaires de notre région ou y travaillant. Leur travail nous semble digne d’intérêt même s’ils ne reçoivent pas toujours de la part des  institutions l’accueil qu’ils mériteraient.
Il s’agit donc d’une rupture avec le principe des expositions thématiques présentées jusqu’à ce jour;  
Nous nous sommes efforcés, quelle que soit la tendance des auteurs, de les mettre en évidence par l’accrochage de  quatre ou cinq œuvres de chacun afin que les visiteurs puissent se familiariser avec leur travail.
Les dimensions des salles voûtées du musée ne nous permettent pas d’envisager de présenter des installations mais la peinture, la sculpture, la photographie et la vidéo auront droit de cité.
Il s’agit ici d’un premier chapitre inaugurant un cycle d’expositions de  ce même type qui pourra se poursuivre au cours des années à venir”.
                                                    Paul Duchein. Président des Rencontres d’Art.

 

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16. Basse-vallée de la Seudre. Peuples des claires. 1°

La Seudre, longue de 68 kilomètres, et navigable seulement sur 25, rejoint l’Océan Atlantique  par un large estuaire . Les terres basses de la vallée de la Seudre , semi-aquatiques, sont constituées d’un réseau serré de marais littoraux, salants, d’étiers et de chenaux  menant  à des petits ports.
Le peuple des Claires s’est installé assez tardivement dans cette zone remplaçant peu à peu pêcheurs hauturiers, terreneuvas, morutiers, saulniers, et artisans des chantiers de constructions navales. 

Sur fond de Seudre, ensemble provenant du secteur E ( Bourret ), à la Prise de Daïre ( située 300 mètres en amont du fleuve- chenal ouvrant à droite ). Pièce 89 ( 22 ) . Pièces 89-(20 et 21) . Pièce 91 ( 23 ). Largeur totale : 2 mètres environ

“Basse Vallée de la Seudre…” est une réflexion en forme de clin d’oeil sur la présentation muséographique des restes et des traces, et sur ses modalités. Poussiéreux ou sophistiqué, mais jamais neutre, le musée est un filtre étudié de la connaissance et un régulateur puissant de l’affect.

Lower Seudre Valley . People of the ” claires ” .” Lower Seudre Valley ” is a kind of playful reflection on the way remnants and traces are exhibited in museums .. Dusty or sophisticated , though never neutral , the museum is a well-considered filter of knowledge and a powerful regulator of emotions .

 

      

 Au départ, il y a l’objet , l’objet dans son lieu. 
A l’arrivée, une présentation : l’objet exhumé, arraché à son environnement originel, restauré, numéroté, nommé, daté, expliqué… et exposé… dans un autre lieu. 

 To begin with , here is the object , the object in its site . At the end an exhibition : the object , unearthed , torn out of its original environment , restored , numbered , named , dated , explained … and exhibited … in a different place .

 

 

 

        La démarche va donc tenter de souligner les effets de la présentation sur la charge émotionnelle de la pièce
( surenchères informatives, suggestives et esthétisantes),  
et de révéler les leurres dans les reconstitutions,  mises en relation ou en situation. 

The plan is therefore to try and emphasize the effect of the over-informative-suggestive-aesthetizing exhibition , and to uncover the lures in the reconstructions , devised relations and situations . 

 

 

Et pour matérialiser cette réflexion, l’artiste va choisir à son tour un terrain d’expérimentation et axer sa création sur cette ligne de partage mouvante entre réalité et fiction. 

To materialize this mental process the artist will also determine a ground for experimentation and center her*creation on this unstable divide between reality and fiction .

21 pièces composent cet ensemble . Chaque panneau est une mini-vitrine présentoir ouverte. Les éléments  se détachent sur fonds de terres d’ocre et de sables. Les dimensions maximales sont de  140/ 82 cm .  

The set gathers 21 pieces . Each panel is an open mini showcase displaying objects in relation wlth religion, hunting , picking , decoration…The elements stand out against a background of ocre and sand  soils. Maximum dimensions : 140/82 cm.

 

 

15 - “Chêne / Maisons” pour 2010

     Pour mes amis, tous ceux qui ont suivi et encouragé l’aventure de ce blog: que ce  10° “Transparent” vous transmette un peu de sa  longévité, de sa robustesse, de sa grâce, et qu’il vous prenne dans la belle ombre protectrice qu’il étend tous les soirs sur la maison.

For my friends who followed and favoured  this blog’s adventure :  I hope the tenth “”transparent” will  transmit you a little of its longevity, of its strength,  of its graceful, and embrace you in the beautiful and  protecting shadow it spreads every evening on the house.

Transparent n° 10. 100 / 136 Cm. XII. 2009.
Encre sur film transparent, film plastique couleur, acrylique sur bois.

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14- Pierres d’Arbres (2°)

8 Août.
Départ des montagnes tôt le matin. Le jour se lève derrière les hêtres.  9 heures : passage du col, aucune visibilité. Brouillard blanc  montant en fumées épaisses. Arrivée 15 heures. Plage écrasée de soleil. La falaise continue à s’effriter. Collecte d’ un morceau de roche et d’un peu de sable.
Quelques jours plus tard, dans l’atelier :

 August 8th .
Leaving the mountains early in the morning . Dawn spreading behind the beeches . 9 o’clock the pass is crossed in total blindness , white mist creeping up and diffusing like thick smoke . Arrival at 3 p.m.  Beach crushed under sunshine . The cliff still crumbling away. Collection of a piece of rock and a little sand .
A few days later , in the workshop:

“Pierre d’Arbre” N° 6. Format :58/41/9 cm.                

Rappel de quelques “Pierres d’Arbres” anciennes:

P
ierre d’Arbre n° 5. Format 36/43/5 cm

 ”On ne prête pas assez attention aux pierres ; on oublie qu’elles appartiennent au monde vivant . Leur vie séculaire les rattache  aux temps et aux hommes qu’on aime souvent appeler primitifs. Il faut s’inspirer des Chinois qui sont capables de lire tout un paysage dans la surface de la pierre, comme si pour eux, dans l’harmonie de la nature il n’y avait pas de césure entre les éléments mais continuité de l’être. La “Pierre n°6″ fait invinciblement penser au manteau d’un prince mongol, de Gengis Khan sans doute, qu’un soldat vient saluer sur la terre frontière entre la forêt, au fond, et la steppe, au premier plan. Ce n’est pas seulement le pays brutal qu’on peut ainsi contempler, avec tout le poids de sa réalité, mais aussi, dans le mouvement du manteau agité par le vent furieux d’Asie Centrale qui poussait les hordes à la conquête du monde, on saisit l’intensité et la profondeur de l’histoire, évoquée d’une façon encore plus profonde, encore plus puissante, que de simple main d’homme gravant une orgueilleuse inscription sur un fronton. Et en effet la faille au centre  descend dans des profondeurs auxquelles on n’aime plus penser. 
Dans la perspective de la Pierre N°5, entre les énormes piliers barbares, le regard s’enfonce à travers la forêt première, hivernale, jusqu’au temps des tribus qui venaient de découvrir comment utiliser le feu.
La mémoire des pierres, bien plus fidèle que la nôtre, nous semble insondable : elle ne l’est pas. Elles offrent tout, immédiatement sous nos yeux. Il faut savoir regarder.Telle est la leçon que nous propose Danielle Chevalier. La vraie richesse des pierres est poétique”.  
Michel Gaubert
“We don’t pay enough attention to stones : we forget they belong to the living world. Their century-old life links them to the times and the men we tend to call primitive. We should learn from the Chinese who are able to see a complete landscape in a stone’s surface, as though for them within the harmony of nature there were no gap between its elements but only continuity of being. 
Stone 6 makes us irretrievably think of a Mongol prince’s kaftan, Genghis Khan’s no doubt, when a soldier has just come and bowed to him on the border land between forest in the background and steppe in the foreground. It is not only a ruthless country that we can behold in this way, with the weight of its whole reality, but also in the coat floating in the furious wind of Central Asia, where raving hordes were pouring from to conquer the world, we can see the intensity and depth of history, suggested in an even deeper, even stronger way than mere human hand carving a proud motto on the front of a building. Actually the gap in the middle of the picture goes down to inner depths, which we don’t want to think about.
In the perspective of Picture 5, between huge barbaric pillars, our eyes look through the primeval forest down to the times when the tribes had just invented fire.The memory of stones, much more faithful than ours, seems to be unfathomable : it is not. They give us everything, straight under our eyes. We must learn how to have a good look at them. This is the lesson Danielle Chevalier teaches us. The true treasure of stones lies in poetry”. Michel Gaubert

“Pierres d’Arbres” N° 1 et 2. Formats: 32/43/6 cm.

13- Commémorations - Le Batelier du Tarn

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4 août 1913 ou “Le Batelier du Tarn”. ( Commémoration n° 19 )
Photomontage en 4 panneaux liés de 40/30 cm chacun. Décembre 2006
August 1913 or ” The Tarn boatman “. ( Commemoration n°19 ) 
Photomontage in 4 joined panels , 40/30cm each. December 2006


“La vue du batelier en uniforme d’officier, tout équipé, produisit sur la place, secouée par la  nouvelle du gendarme de l’aprés-midi et publiée  au loin par le tocsin, un redoublement d’émotion. Un véritable cortège l’accompagna en silence jusqu’au train. Il était le premier à partir.” 
The sight of the boatman in officer uniform and equipment redoubled emotion among those gathered on the Square, already shaken by the  news delivered that very afternoon by the Gendarme and the far-away tocsin . A real procession followed him silently up to the train. He was the first to go .


 

Cette œuvre a été réalisée à l’occasion de la préparation de l’exposition “Le Tarn et majesté” qui s’est déroulée au Musée Ingres de Montauban  en 2007. Elle est née de la trouvaille de quatre cartes postales anciennes montrant l’une les sources de la rivière , les trois autres l’activité touristique dans la zone des Gorges : sur chacune le même homme jeune, chemise ouverte, chapeau de feutre,   dirigeait la barque transportant les vacanciers. Au dos des cartes une date : 3 aout 1913. Un an exactement avant le début de la Première Guerre Mondiale.   De là est née  une fiction possible sur le destin du batelier… 
This work was produced on the occasion of the preparation of the exhibition ” Le Tarn en Majesté “. (Rencontre d’Art  . Musée Ingres ). It originated in the discovery of four old poscards: a view of one of the river springs and the other three displaying touristic activities in the Gorges area; on each one the same young man, in open shirt and felt hat, was steering a boat full of holiday makers. On the back of the postcards a date : August 4th 1913. Just one year before the beginning of World War I. From them evolved a possible fiction about the boatman’s destiny .


    
.

 

 

 

 

Le “jeu” a consisté à utiliser le minimum de documents (photocopies agrandies des cartes postales , extrait remanié d’une chronique paysanne de 1914, mots  décrivant la rivière Tarn, photos en couleur de l’Océan à l’embouchure de la Gironde, photo colorisée d’un militaire de l’époque.
The ” game ” consisted in the minimal use of documents : enlarged photocopies of postcards , modified extracts from a 1914 peasant Chronicle , verbal descriptions of the river Tarn , colour photographs of the Ocean at the mouth of the Gironde , coloured photographs of a  soldier of the time

12 - Mémoires Minuscules 1° : “Eclipses”

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“Eclipses” est le premier  volet  d’une série de montages vidéos de photos fixes. 

Un événement infime, une image insistante, une situation imprévue  peuvent accaparer  de courts instants une attention pourtant projetée ailleurs,  jusqu’à entraîner parfois la prise de clichés-souvenirs. Les vidéos “Mémoires Minuscules” s’attachent à sauver de l’oubli  ces moments de vie  qui  pourraient appartenir à l’expérience de chacun.
De même, “Eclipses” qui se situe à Istanbul pourrait aussi bien se dérouler en quelque autre ville du globe.

Pour voir la video, cliquer sur “eclipses”:
Click “eclipses” to play video :

eclipses 

 

Eclipses “ is the first volet of a series of set photographs video-montages .

A minute event , an insistant image , an unpredictable situation may engross  the attention for a time , though it was projected elsewhere , and even lead to capture snap-shot souvenirs . ” Minute memories “videos try to rescue from oblivion the moments in life that could be part of anyone’s experience . Just as ” Eclipses ” , though taking place in Istambul could just as well take place in any other city on earth .

 

11 - En direct d’Istanbul.

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Actualité Artistique - 1

Située entre l’église de Pammakaristos et la Corne d’Or, dans le quartier de Fener, Verystanbul, maison  toute en hauteur, aux beaux volumes intérieurs, lumineuse et joliment restaurée, inaugurée symboliquement le jour d’ouverture de la Biennale par Béatrice Bantman et Pascal Cariou, se destine à des réunions, rencontres, expositions, résidences de représentants des Arts et de la Culture. Son ambition est de jeter un pont supplémentaire entre les deux continents.
Located between Pammakaristos church and the Corne d’or  in the Fener district , Verystambul is a lofty house with bright beautiful interior volumes , pleasantly renovated . Symbolically inaugurated on the opening day of the Biennale by Beatrice Bantman and Pascal Cariou , it is intended for meetings , reunions, exhibitions and residence of Art and Culture representatives . Its ambition is to throw a new bridge between the two continents .
 


 

Actuellement y sont exposées des photographies de Danielle Coquoz. Raccords sur sols goudronnés, ces drôles de signes, contingents des fissures à combler, dessinent l’alphabet des effets conjugués des changements atmosphériques et du passage des hommes.
At the moment it offers an exhibition of Danielle Coquoz ’s photographs . These joints on tarred surfaces produce funny signs
as they adjust to the fissures to be filled and draw the alphabet of atmospheric changes combined with the passages of men .

 

 

Istanbul 09. La Biennale d’Art Contemporain

Je me bornerai à présenter ci-dessous 3 “coups de coeur”, à raison d’un par lieu d’exposition.

A L’Entrepot n°3, une très belle création de Rena Effendi (plasticienne vivant à Bakou).  D’abord une carte géographique montrant le tracé du pipeline Baku-Tbilissi- Ceyhan, suivie d’une double rangée de 28 photos magnifiques  témoignant des divers dégâts et dommages de cette réalisation sur les populations locales. Pas de textes, juste des cartels sobrement informatifs, des sujets évitant le sensationnel, à la fois poignants et poétiques et le choix du noir et blanc pour amener la distance nécessaire.

I will only present here three works I took a fancy to , one to each place of exhibition.

In Warehouse n°3 , a very beautiful creation by Rena Effendi ( an artist living in Bakou ) . First a map showing the lay-out of the Bakou-Tbilissi-Ceyhan pipe-line , then a double row of 28 magnificent photographs giving evidence of the damages and havoc this equipment will have on local people . No texts , just soberly informative nitices , undramatic subjects both poignant and poetical ; the choice of black and white inducing the necessary distance .

  

A l’Entrepôt des Tabacs (Tutun Deposu),  l’iranienne Jinoos Taghizadeh occupe une salle avec des séries de montages-collages (intitulés “Rocks-papers- scissors” ) et une vidéo. Les montages sont des mixages et superpositions d’images, de pages de journaux, de dessins…  où histoire de son pays ( Révolution de 79 ) et histoire de l’art s’interpénètrent et se brouillent grâce au procédé holographique. Des photographies d’individus réels, morts ou en souffrance, se superposent à d’autres peints par David, Caravage, Bosch… etc.. , disparaissent, reviennent selon l’emplacement du spectateur, partie prenante de ce subtil jeu interactif. La vidéo est efficace dans sa subversive simplicité : un berceau blanc sur fond de lumière verte et rouge ( rappel du drapeau iranien) et une chanson aux paroles lénifiantes. 
In the Tobacco wharehouse (Tutum Deposu ) Iranian Jinoos Taghizadeh  fills a room with montages-collages ( named ” Rocks-Papers-Scissors ) and a video . The montages are mixings and superpositions of pictures , newspaper pages , drawings … in which her country’s history ( the 79 revolution ) and Art History intertwine and mix up thanks to a holographic process . Photographs of real people , either dead or in pain, are superposed on others, painted by David, Carravaggio, Bosch …etc…, disappear, come back, depending on the position of the onlooker, thus playing his part in this subtle interactive game. This video is effective in its subversive simplicity : a white cradle against a background of green ang red light ( recalling the Iranian flag ) and a song with soothing words .

A l’Ecole Grecque de Ferikoy, Vlatka Horvat présente des sortes d’origamis troublants où chaque fois un corps humain se détache sur fond basique sol /mur dans des poses banales et journalières mais les corps , partiellement coupés par détourage,  sont repliés eux-mêmes ou recouverts, ce qui les rend fragiles, bancals, voire infirmes, l’artiste jouant des vides et des effacements dans le dispositif, de même que des formats “photos de famille” et de l’effet bricolage avec élastiques et morceaux de cartons d’emballage. Bizarrement on pense à Giacometti et à ses silhouettes rongées, désintégrées par l’espace qui les entoure. 
In the Ferikoy Greek school , Vlatka Horvat presents kinds of disturbing origamis in which, each time, a human body stands against a basic background - either ground or wall - in banal every day postures, but the bodies, partially cut by detourage, coil up or are covered up and this makes them look fragile, wobbly , even disabled, the artist toying with the gaps and obliterations in the contrivance, as well as with the ” family picture ” format and ” odd job” effect with rubber bands and packing cardboard . Oddly one thinks of Giacometti and his pitted , disintegrated silhouettes in the surrounding space .

 

 

  

10 - Nouvelles Peaux

Les arbres seraient programmés pour l’immortalité. S’ils meurent, ce n’est pas de vieillesse. Ils succombent à des agressions extérieures (sècheresse, gelée, parasites…)
Dans les couverts d’une forêt, sous les frondaisons d’un parc privé, au bord d’un canal…
  quitter le monde et avancer entre les arbres, frôler les fûts, les toucher, s’absorber dans la contemplation des écorces - au sein d’une même essence,  ou d’une essence à une autre - , scruter cette portion inférieure avec qui nous partageons l’espace, celle que nous connaissons, à laquelle nous nous frottons , celle qui se situe à notre niveau.

                    

 Forêt d’Iraty. Août 2009. Peau de Hêtre. (n°30)

Il ne s’agit pas de pointer les caractéristiques graphiques ou colorées d’une espèce. La  topologie du lieu, l’environnement immédiat , les phénomènes atmosphériques et accidents divers ont rendu chaque arbre unique et c’est justement cela l’important. D’où ce rituel métaphorique : s’appliquer à “prendre” respectueusement à chacun ce qu’il a  à donner, qui ne sera révélé qu’après un long et patient travail de prise d’empreinte. Entourer le tronc élu d’une longue bande de papier et tenter avec cette peau vivante un échange imprévisible, né de la caresse d’un crayon.  Alternativement assis, accroupi, agenouillé, debout. Appropriation lente et ininterrompue, connaissance progressive.  Certains se livrent plus facilement que d’autres, certains imposent des procédures compliquées, d’autres se gardent au fond de leurs crevasses, quelques-uns  ravissent d’emblée tant le lacis est riche et immédiat, chacun est une aventure, un corps à corps magique, fascinant , qu’amplifient évidemment bruits, odeurs et nature environnante.
Une fois la lanière de fixation détachée, (  environ 90  minutes plus tard ), la peau glisse au sol. Savoir qu’ il n’est plus possible de revenir sur le travail en augmente le prix.

 

Forêt de la Coubre. Juillet 2009. Peau de Pin Maritime  (n°27)

Trees , they say , are meant to live for ever . If they die they do not die from old age . They yield to agressive outsiders ( drought , frost , parasites …) .Moving underwwood , under the foliage of a private park , along the bank of a canal , forgetting the world while finding one’s way between the trees , hardly touching them , absorbed in the contemplation of barks - either witin the same species or going from one species to another -scrutinizing the lower portion  that shares our space , the one we know and rub against , the one existing at our level .


a : Peuplier (N°26). b :Pin maritime ( n°27). c : Chêne vert (n°23). d : Hêtre (n°29).
e : Cyprès (n°18). f : Micocoulier : (n°19) .g : Hêtre (n° 30). h : Platane (n°21)

 

Not to point out the graphic or coloured idiosyncracies of a species . The topography , immediate environment , atmospheric phenomena and various accidents have made each tree unique , and this is precisely what matters . And this leads to the metaphorical rite : to concentrate and take respectfully from each one what it offers , and which will only be revealed through a slow , patient process to capture its print . Smoothing a long paper band over the elected trunk one tries to share some improbable experience through the caress of a crayon over this living skin . Alternatingly sitting , crouching , kneeling , standing .In a slow , continuous process of appropriation and progressive knowledge . Some give way more easily than others , some through difficult , intricate procedures , others find protection under their crevices , a few captivate you at once so rich and immediate is their network , each one is an adventure of its own , a magical close combat obviously magnified by noises , smells and natural surrounding .
Once the fastenig tape removed ( about 90 minutes later ) , the new skin slides to the ground . Knowing that there is no possible further intervention on the work makes it all the more precious .

 

  
a : Cèdre (n°16). b : Micocoulier(n°15). c : Pin Parasol (n°14). d ; Prunier Pissardit (n°17)
e : Arbousier (n°22). f : Sapin (n°31). g : Ormeau (n°24). h : Chêne d’Amérique (n°25)

 

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9 - Récits et Prélèvements. “Egypte”

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2 boîtes de 300 /300 /85 mm séparées par 2 cadres image-texte de 310 / 460 mm

Le voyage était consacré à l’étude de mastabas du Delta du Nil et d’hypogées de la région de Thèbes. A la périphérie des sites archéologiques, le commerce des oeuvres d’art était si intense qu’il a donné lieu à cette série. Il s’agit donc d’une réflexion sur l’oeuvre d’art qui témoigne ou non d’un passé, l’authentifie ou pas, qu’elle soit elle même fragment réel mais insignifiant, pièce majeure, faux présumé ou copie reconnue…

Egypt

 The journey was devoted to the study of mastabas in the Nile Delta and hypogeums in the Thebes area . Next to the archaeological sites , the trade in works of art was so brisk it gave birth to this series . So , it is all about pondering over the work of art : is it a witness or not of the past , a genuine one or not , does it authenticate it or not whether this work is a true fragment though trivial , a major piece ,  a supposedly fake or an admitted copy ?


                                                                                                                                                 Détail boîte 1: pièce en terre cuite, miroir, sable noir.
Texte 1° cadre
Les orages venaient de dévaster le Delta. Les routes recouvertes d’une eau grasse transportaient toutes sortes  de déchets. Le maïs était noyé dans des amas de boue et une croûte brune commençait à se craqueler à la base des palmiers. Des vapeurs étouffantes montaient dans l’épaisseur des verts. Les sacs de sable  de l’armée, gorgés  d’eau, s’affaissaient jusqu’au milieu des ponts.                                         

A la sortie de Mit Rahineh, dans un des premiers contreforts du plateau de Saqqarah, des enfants s’agitaient au bord d’une crevasse large et fraîche. Ils  faisaient de grands signes et plongeaient le regard dans les profondeurs de la terre. Plus près, les colosses  de pierre, couchés dans les hautes herbes, fixaient le ciel en souriant.

“Storms had just devastated the Delta. The roads , coated with greasy waters , carried all kinds of debris . Maize was drowned in masses of mud and a brown crust was beginning to crack at the foot of palm trees . Stuffy vapours were rising from thick greenery . Army sand bags , heavy with water , were sagging towards the middle of briges .

Just outside MIT RAHINEH , in one of the first spurs of the SAQQARAH plateau children moved about a fresh wide crevice . They gestured widely and looked deep into the earth . Nearer , stone colossuses , lying in high grass , stared smilingly at the sky .

   

Texte 2° cadre
Nous avons passé plusieurs journées sur le site de Deir El Medineh. Le soir, tassés avec les groupes près de l’embarcadère, nous assistions à la  même scène: le harcèlement du touriste isolé avec la “vraie-fausse pièce” qu’une main sortait – à peine – de la poche alors que l’autre feignait de la cacher à la vue du groupe.
Pendant que le bateau nous ramenait vers l’autre rive, nous dissertions à perte de vue sur ces
  étranges relations de duplicité – complicité, et de façon plus générale sur les méandres qui vont de l’original à la copie, puis de la copie à la copie de copie, jusqu’à l’usure de la notion même. Une lune noyée de sable se levait sur les ruines d’un Empire mort depuis trois mille ans. Quelle expérience avions-nous de  cette réalité ? 
We spent several days on the site of DER EL MEDINEH . In the evening , crowding in groups near the landing place , we would watch the very same scene : the lone tourist beeing harassed with the ” true-fake piece” half extracted from a pocket with one hand while the other pretended to hide it from the group .As the boat took us over to the other bank we discussed endlessly over these amazing relations of complicity-duplicity, and more generally on the twists and turns moving from original to copy , then from copy to the copy of copy , till the very notion got rubbed off . A moon , drowned in sand rose over the ruins of an Empire dead for three thousand years . What experience could we get of that reality ?

 

 

 

 

 

 

 

 


8. Commémorations. Stèle pour l’érable blanc

Au printemps 2009, l’érable blanc n’a pas refait de pousses vertes .

 

   

La stèle est un dispositif volumique en forme de colonne à 4 faces rectangulaires de 120 / 80 cm, monté sur un socle - Hauteur totale : 210 cm-, présenté ici fictivement devant l’érable blanc mort et non encore abattu ).
Elle est  destinée à occuper le centre d’une espace intime et refermé sur lui-même.  Dans son pourtour, accrochée aux cimaises, la longue série des “Maladies” (voir  www.danielle-chevalier.fr/blog  )
 Commémorations . Stele for white maple .
The stele is a volume in the shape of a column with 4 rectangular sides , 120/80 cm set on a pedestal . Total height 210 cm . It will stand in the centre of an intimate site closed upon itself . All around , hanging from rails , the long series of ” diseases “ ( see  www.danielle-chevalier.fr/blog  )

 

 
vitrine 1. Face 1. 80 / 120 /15 Cm.

Les quatre faces sont  “actives” .
Faces 1 et 3 : Deux vitrines-musées . Elles contiennent des morceaux de l’arbre, dans des poches en plastique, des bocaux ou des éprouvettes… , des photographies, des croquis et dessins, des textes explicatifs…  La 1° se centre sur l’arbre et ses caractéristiques personnelles, son milieu et son histoire au sein du lieu.   La 2° se centre sur les différents facteurs d’attaque : champignons, oiseaux, insectes, vers…

The 4 sides are ” active ” .
Sides 1 and 3 : Two museum show-cases . They contain pieces from the tree , in plastic bags , jars , or test tubes … photographs , sketches and drawings , explanatory texts … The 1st focuses on the tree itself and its personal features , its environment and its history within this place . The 2nd focuses on different attacking agents : fungi , birds , insects , worms …

Face 2 : Un morceau réel de l’arbre protégé par une vitre. ( caisson de 60/120/80 cm.)  Face 4 : Le “Transparent” de l’arbre : sa représentation ( au trait noir sur rhodoïd )  quelques années avant son dessèchement définitif.  
Side 4 : the ” transparent screen ” of the tree : its representation ( in black line on rhodoïd ) a few years before its final parching ( see site ) .
Side 2 : a piece actually from the tree under glass .
  

 

Face 3. (vitrine 2) 

 

 

Ci-dessous, album de photos. Détail de la Vitrine 1